Arme fatale c’est le titre du dernier
court métrage de la réalisatrice Carolle Maloba de la RDC. Le film parle d’un
sujet socialement sensible, l’homosexualité, à travers un pan de la vie de Sharby, le
personnage principal. Sharby se trouve sous le feu de deux amours antinomiques,
celui de Barex, son voisin hétérosexuel, et Prudence son amie, homosexuelle. L’épilogue
de Arme fatale voit la mort des personnages principaux, fauchés par l’envie
passionnelle de préserver l’amour et le dégoût de le perde. Le film a été
projeté en avant -première le 11 octobre dernier en présence de la réalisatrice
et des comédiens dans le cadre de la 4ème édition de la Biennale de
Lubumbashi. Dans les lignes qui suivent, nous revenons, avec Carolle Maloba,
sur quelques aspects de cette œuvre.
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Affiche du flm |
Katanga Cultura : Votre film
porte sur un sujet sensible à savoir l’homosexualité, avec quel objectif
l’avez-vous réalisé ?
Carolle Maloba : Ce
qui m’a amenée à travailler sur cette thématique c’est le constat que la situation existe. Ne soyons pas hypocrites, la
situation existe et il faut qu’on en parle. L’homosexualité prend de l’ampleur
chez nous, les enfants, les adultes sont dedans. Je ne suis ni pour ni contre
les homos. Le film est basé sur un sujet qui m’est tombé dessus. Je voulais
m’interroger sur mon regard sur le sujet, est-il positif ou négatif ? Alors
je veux aussi écouter les autres. Qu’en pensent-ils ? Regardent-ils la
même chose que moi ? Je n’ai pas de position sur la question. J’ai voulu
écouter les autres pour me faire ma propre compréhension sur une situation que
je vois beaucoup. Je respecte le choix et les orientations de l’amour de chacun.
Je m’interroge aussi s’ils existent des lois par rapport à cela. La société dit
non, on les accule et tout ça mais après ces gens-là doivent vivre.
Katanga Cultura : Le film
finit sur la mort des principaux
personnages, ceux que cet amour a opposés. On s’y perd en fin de compte !
Qu’est-ce qui explique ce choix ?
Carolle
Maloba : La film est une tragédie et je voulais susciter le crime
passionnel, tuer par amour. Quand on aime tellement, on peut être amené à tuer.
Ce crime s’explique par le degré d’amour. Quand on aime tellement et que l’on
sait que c’est l’autre qui veut me voler mon amour, on tue par passion. J’ai
regardé beaucoup de films, même dans la vie quotidienne on voit des gens qui
tuent. Alors je me suis dit comme l’amour est très fort pourquoi ne pas chuter
comme cela. L’amour est un couteau à double tranchant dans le sens qu’il est à
côté de la mort. En second lieu, j’ai joué un peu à l’hypocrisie, même si je ne
veux pas apprécier les homos, je ne toucherai jamais à leur vie. J’ai chuté
comme ça au lieu de dire « notre société n’accepte pas encore les homo…Ah
Dieu ne le veut c’est pourquoi ils sont morts !». C’est l’hypocrisie
artistique que j’ai pratiquée un peu. Sinon pour moi, s’ils sont homos, ils le
sont c’est leur problème, c’est leur amour on ne peut pas les juger.
Katanga Cultura : Il existe
des cinéastes locaux mais que le grand public n’a pas la chance de connaître.
Avez-vous pensez à créer des opportunités en dehors de celle-ci, qui regroupe
une certaine catégorie du public, pour montrer au grand public
Carolle Maloba : Je
travaille avec des ONG, Alba, l’Instituts français, la Wallonie-Bruxelles me
soutiennent aussi. Il faut que choisisse des sites de projection, que j’écrive.
Mais comme le sujet du film est sensible, il faut cibler des sites où on ne va pas
menacer de me lapider (rire). Il faut rester souple même si on veut commencer
une lutte, on commence tout doucement. On vient de commencer par la Halle de
l’étoile, on a vu les réactions, demain on va prendre peut-être le Carrefour,
il y a des gens compréhensifs. Après on verra à la Kenya, on ciblera une couche,
les intellectuelles, les élèves de sixième des humanités, par exemple, faire un
débat avec eux. C’est-à-dire choisir jusqu’à ce que ces gens en parlent à la
cité et que ça évoluent de bouche à oreille. C’est un sujet sensible. A chaque
fois que je projette un film, il y a toujours débat ! Aujourd’hui on était
quatre réalisateurs et puis le programme a connu un retard dans sa tenue. Le
film doit renter au studio. Vous entendu les remarques sur le son notamment. La
prochaine projection, après les corrections, sera suivie d’un débat.
Katanga Cultura : Quel est
votre avis personnel sur la question de l’homosexualité ?
Carolle Maloba : Je
respecte le choix de chacun…voilà je respecte le choix de tout un chacun. Tu es
homo, tu es homo. Mais je ne préférerais pas que mon enfant soit homo. Mon
enfant je veux l’éduquer autrement qu’il ne soit pas homo. Ce n’est pas que la
tradition mais ça fait aussi plaisir qu’une femme se marie, qu’un homme se
marie. Si c’est l’enfant de quelqu’un d’autre, je respecte son choix. Pas un
regard négatif parce que le choix de l’amour est très difficile à faire !
Propos
recueillis par Fils
Ngeleka et Fidèle
Bwirhonde
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